Les studios Cinecittà ou la ville du cinéma.

Inaugurés en 1937 sous le gouvernement fasciste de Mussolini, ce complexe cinématographique avait pour objectif à sa création d’être un instrument de propagande pour le régime italien de cette période et de rivaliser avec les studios américains d’Hollywood. Pour l’inauguration on tourne « Scipion l’Africain », l’histoire d’un général romain qui met un terme à l’hégémonie carthaginoise en Afrique du Nord. Image de la grandeur romaine !

 

L’industrie cinématographique des studios fut féconde et prospère dès les premières années de sa création par la production de centaines de films. Sur une surface de plus de 580 000 mètres carrés ce sont 21 studios de tournage de 1 à 22 (excepté le 17 chiffre de mauvais augure en Italie) et plus de 3000 films tournés des origines à aujourd’hui.

 

La cité des rêves ; des ateliers et des studios mais on y trouve aussi des bureaux, des loges, salles de maquillage, dépôt et accessoires, entrepôts, menuiseries, charpenteries, salles de projections, salles de réunion, réfectoire, restaurants, salles de gym, bar, parkings, centre de formation et des laboratoires de post-production numérique, de sculpture scénique, de peinture artistique.

Une mise en abîme d’un tissu urbain dans une ville romaine. Un gigantisme d’une structure productive et sociale! Lorsque Federico Fellini arrivait à Cinecittà il parlait « d’extase » devant «  un espace à remplir, un monde à créer ». Un vacuum qu’il faut remplir par sa création artistique. Un stimulant. Un défi. Opus ex nihilo.

 

Les années cinquante et soixante marqueront l’âge d’or des studios avec la sortie de plus de 150 péplums en « carton-pâte » sans oublier les comédies, les films de grands auteurs comme Fellini, Visconti, De Sica … ce sont aussi des co-productions américaines avec Cléopâtre, Ben Hur, Barrabas de véritables apothéoses de la mégalomanie productive !

 

Les studios attireront les géants de la réalisation tels Martin Scorcese (Gangs of New York), Wes Anderson (La vie aquatique), Roger Vadim (Barbarella), Jean-Jacques Annaud (Le nom de la rose), Michael Hoffmann (Le songe d’une nuit d’été), Anthony Minghello (Le patient anglais), Ridley Scott (Gladiator)… Quant aux auteurs italiens nous pouvons en citer quelques uns tant la liste serait longue ; Carmine Gallone, Alessandro Blasetti, Roberto Rosselini, Giuseppe Amato, Vittorio De Sica, Visconti, Fellini, Sergio Leone, Carlos Saura, Pupi Avati, Nanni Moretti, Ponti, De laurentiis, Roberto Benigni… Quant aux icônes, stars et starlettes du cinéma italien et international qui ont tourné dans les fameux studios, il serait hasardeux d’établir une liste tant est-elle infinie et si évocatrice d’un imaginaire cinématographique italien !

 

Aujourd’hui la production cinématographique continue, les studios s’ouvrent aussi aux productions du petit écran pour des séries comme ROME, pour quelques épisodes de la série française Kaamelott, des émissions télévisées. En juillet 2014 s’ouvrit CinéCittàWorld un vaste parc à thème et d’attraction qui vous plonge dans les décors de différents films qui ont fait et font la grandeur d’un univers cinématographique.

 

Instrument de propagande, néoréalisme, réalisme social, péplum, romantisme, nostalgie, fresque historique… machine à fabriquer des rêves, les studios Cinecittà sont une mémoire cinématographique, un patrimoine d’une richesse incommensurable. «  Il y a là toute notre histoire, tous nos rêves destinés à être vus les yeux ouverts » (Roberto Benigni).  Vision d’une Dolce Vita, d’un Cinéma Paradiso «  Cinecittà est un lieu qui libère l’imagination sans limites » (Virna Lisi). 

 

Margaret Gabriel

 

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