Dante Alighieri, littérature et politique

"Certains attendent que le temps change, d'autres le saisissent avec force et agissent.”

Dante Alighieri (1265-1321) fut un grand représentant de la littérature italienne et européenne. Poète issu de la noblesse florentine, il donna toutes les lettres de noblesse à la langue italienne, il se consacra pour cela à l’élaboration d’une œuvre élevant l’italien comme langue littéraire nationale, appelée à remplacer le latin.

 

Son œuvre la plus célèbre et connue la « Divine Comédie »,  qui offrit à la littérature italienne son acte de naissance, est une fresque de l’Humanité à la recherche du Bonheur, une œuvre monumentale faisant partie du patrimoine culturel européen. Un voyage initiatique  du poète en trois chants (L’Enfer-Le Purgatoire- Le Paradis) qui le conduit de l’ignorance à l’illumination.

 

Toutefois Dante ne fut pas seulement un homme de lettres, il fut aussi un homme engagé dans la vie politique de sa ville, Florence. Un engagement qui lui valut des déboires jusqu’à l’exil. Il grandit dans un contexte politique instable. L’Italie n’est pas encore un territoire unifié mais un agrégat de Républiques, de Provinces, de Royaumes et d’Etats Pontificaux. Ces « états » sont sans cesse menacés dans leur indépendance.  Un climat de guerre civile règne partout en Italie qui voit s’opposer les partisans du Pape (Les Guelfes) et les partisans de l’Empereur germanique (Les Gibelins). Cet affrontement entre ces partisans attestent de la puissance économique, politique et militaire de l’aristocratie italienne au Moyen-âge et des ses divisions.  

 

Florence dont ce sont la bourgeoisie d’affaires et les banquiers,  en cette période, qui prennent le pouvoir, n’échappe pas à cette lutte fratricide. Au sein même de la cité « une guerre des rues » se livre entre les factions guelfes et gibelines. Une véritable tuerie sans merci qui va perdurer pendant plus de cinquante ans.

 

Elevé dans un humanisme franciscain à l’Eglise de Santa Croce à Florence, Dante prendra position en s’affichant un Guelfe « Blanc » soit un modéré dont certaines idées sont sur le modèle des Gibelins à savoir l’opposition à la confusion du pouvoir temporel et spirituel.  Cette adhésion lui vaudra d’être évincé des affaires politiques et banni de sa ville natale, Florence, dont il ne reviendra plus jamais.Il meurt à Ravenne où il sera enterré.

 

Ce n’est beaucoup plus tard, qu’il sera reconsidéré par les florentins.  Au 19 ème siècle,  un cénotaphe lui sera dédié en l’église de Santa Croce de Florence, lieu considéré comme le Panthéon des florentins où se trouvent au demeurant les tombes de Michel-Ange, de Galilée...

 

Durant son exil Dante voyagera dans toute l’Italie chantant ses rencontres avec les grandes familles comme les Scaliger de Vérone et autres personnages dans sa « Divine Comédie ». Il se rendra aussi à Paris,  se consacrera à la réflexion philosophique et moraliste comme « Le Banquet », « De la Monarchie », à des sonnets mystiques inspirés par l’amour de Béatrice, sa muse.  Un homme qui livra toutes ses expériences et ses idées philosophiques dans ses écrits, qui furent une source littéraire pour les penseurs futurs.

 

Dante Alighieri fut donc une clé de voûte de la  culture italienne qui conduit  les politiques italiens à lui rendre encore un hommage national. 

 

Margaret Gabriel

 

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